Si tu t'imagines, si tu t'imagines,
Que tu es la seule, qu'il n'y a que toi qui souffres,
Si tu t'imagines, n'avoir fait que donner,
Qu'est-ce que je pourrais dire ou clamer ?
Si tu t'imagines, que la vie roule pour moi,
Chaque jour, chaque nuit, je pense encore à toi,
Si tu t'imagines, qu'il n'y avait que toi qui avais des rêves,
Moi aussi, j'en avais plein la tête et j'en crève,
Mais çà, tu ne l'admets pas, ni même ne veux le savoir,
Si tu t'imagines qu'il suffisait d'aimer pour y croire,
L'Amour n'est pas fait que de çà, ni n'est jamais acquis,
A quoi ça sert de se rejeter les fautes, on n's'est pas compris,
Si tu t'imagines ne jamais plus me faire confiance,
Le destin a sa loi, il faut du temps, de la patience,
A quoi bon cracher mon venin, mon amertume, mes regrets,
Si tu t'imagines que tout peut s'effacer en secret,
D'avoir joué mon c½ur à face ou à pile, j'ai perdu,
Et même si je regrette d'avoir compris que trop tard, c'est foutu,
Si tu t'imagines que je ne serai pas un bon père,
Que c'est difficile à croire, que se sont des paroles en l'air,
Même si les jeux, aujourd'hui, sont joués d'avance,
Tu verras, si tu veux, ce petit fera la différence,
Si tu t'imagines que de moi, tu n'es plus fière,
Alors, je resterai dans l'ombre, mon fils à la lumière,
Personne ne pourra changer ce que je porte dans mon sang,
Ma plus grande fierté, ma plus grande joie,
C'est lui, mon fils Matéo, à cent pour cent,
Et que Dieu me damne, si j'en oublie ma voie !
(A Isa et José)
Clo PRUD'HOMME


