LA DISCOBOLE
Et lorsqu'elle entre dans l'arène des jeux
Qu'elle se concentre et se prépare mentalement à lancer
Tel un tigre qui rugit en elle, elle rassemble ses forces et fais un v½u
Plus rien alors ne peut l'atteindre, c'est une discobole acharnée
De son regard profond qui fend l'atmosphère
Elle prie Dieu, de lui donner la force entre ciel et terre
Dès lors elle croit en elle, en ce qu'elle vaut et garde foi
Elle connait ses performances où se mêlent des défis sans pourquoi
Elle n'a qu'une devise lancer plus vite, plus haut, plus fort
Titiller les oiseaux, les nuages et le ciel encore
Et lorsque l'épreuve commence, elle ne connaît plus personne
Les muscles sculptés par tant d'efforts répétés, la championne
Se donne de l'assurance, son disque roule sur ses doigts
Longtemps caressés par le geste souvent répété
A l'appel de son nom, elle entre dans l'ère de lancer
Avec grâce telle une panthère, elle scrute un point là-bas
Observe, estime et évalue la distance où l'engin retombera
Telle une lionne dans sa cage, le combat peut commencer
Le corps souple, les genoux fléchis, plaçant à l'horizontale les bras
Le souffle rythmé par la cadence du mouvement bien huilé
Le centre de gravité bas, la force en elle, elle pivote sur ses pieds en pensant
Et, rassemblant tout le poids de son corps sur sa jambe gauche d'abord
Elle pivote pied gauche, en balançant la jambe droite loin devant
Alors le souffle contenu, elle pivote, tourne et tourne encore
Tandis que le disque par la force centrifuge se plaque dans sa main nue
Elle balance l'engin d'une douce violence en l'accompagnant des doigts
Et, criant comme pour se libérer de toute la tension contenue
Elle suit le disque du regard qui pourfend l'air et qui avance tout droit
En retombant à quelque quarante-cinq mètres vingt plus loin Dieu !
Et lorsque la discobole bat et établit encore un nouveau record
Elle est contente, son défi est gagné, l'entraîneur est heureux
Ce temps-là hélas est révolu, c'était pourtant mes années de gloire en or
Et l'entraîneur n'était autre que mon père, mon p'tit père
Aujourd'hui encore, que ne donnerais-je... que ne donnerais-je ma mère ?
Pour recommencer à faire vivre papa et ces moments de bonheur là
Si j'ai fini Championne de France c'est à mon père que je le dois
A présent, il ne me reste plus que des médailles, des coupes, des trophées
Et des articles de journaux de mes années de gloire sur les podiums
J'emporte avec moi ces souvenirs papa, vois, c'est tout ce qu'il me reste
Prends papa, en ton honneur, je te donne tout, à titre posthume
C'est notre histoire papa, c'est notre record à jamais dépassé !
CLOHOLLYDAY